- Les obligations financières

A la fin du VI° siècle et au début du V°, les mines du Laurion avaient fourni suffisamment d'argent pour que la cité puisse battre monnaie et se constituer la flotte qui lui permit de sortir victorieuse des guerres médiques
La Ligue de Délos, fédération de cités sur laquelle Athènes exerça ensuite l'hégémonie, alimenta plus ou moins volontairement un trésor qui donna à Périclès les moyens d'assurer la thalassocratie athénienne en Méditerranée et d'ériger le centre politico-religieux de la cité autour de l'Acropole.
Mais pendant et surtout après la guerre du Péloponnèse, ces ressources se tarirent et la cité, qui ne disposait pas de fonds suffisants pour assurer ses dépenses dut trouver ailleurs les moyens de financement de la vie publique.

  • L'eisphora (ἡ εἰσφορά) :

Il s'agissait d'un impôt annuel sur le revenu. Les citoyens les plus pauvres en étaient dispensés mais les métèques y étaient soumis. En cas de besoin, l'Assemblée pouvait décréter une levée d'impôts exceptionnelle et anticipée sur les citoyens les plus riches : la proeisphora (ἡ προεισφορά

  • La liturgie ( ἡ λειτουργία) :

Le terme n'a à l'origine rien de religieux et signifie le financement sur fonds privés de certaines fonctions publiques. En effet, la cité n'avait pas à proprement parler de budget et les citoyens les plus riches étaient donc mis directement à contribution pour engager directement toutes les dépenses publiques nécessaires, à des fins militaires, politiques ou religieuses. Il y avait deux catégories principales de liturgies :

  • La première concernait les fêtes, nombreuses à Athènes. La plus connue est celle de la chorégie (ἡ χορηγία). Chaque année, l'archonte-roi et l'archonte éponyme désignaient trois chorèges. Chaque chorège (χορηγός) devait prendre en charge l'entretien du chœur, le recrutement des acteurs et les frais des représentations théâtrales : dithyrambes, tragédies et comédies. C'est ainsi qu'en 472, le jeune Périclès fut le chorège d'Eschyle, qui présentait cette année-là une trilogie dans laquelle figuraient les Perses.
  • La deuxième, appelée triérarchie (ἡ τριηραρχία), consistait en l'entretien d'un navire de guerre. Le triérarque (ὁ τριήραρχος) était nommé par un stratège. Athènes disposant de plusieurs centaines de trières, il y avait sans doute autant de triérarques. Il semble cependant que certains citoyens très riches aient pu assurer la même année l'entretien de plusieurs navires.
  • Il existait également des liturgies moins prestigieuses (et sans doute moins onéreuses), telles que la gymnasiarchie (ἡ γυμνασιαρχία), pour l'entretien des gymnases et le financement des concours athlétiques, ou l'estiasis (ἡ ἑστίασις) qui couvrait les frais de banquets.

La liturgie, véritable mécénat politique, était un honneur. Elle conférait un indéniable prestige au citoyen qui l'exerçait. Celui-ci profitait de l'occasion qui lui était offerte pour prodiguer ses largesses et se faire connaître et apprécier. Les chorèges couronnés à l'issue des concours dramatiques prirent l'habitude d'ériger des colonnes sur lesquels ils exhibaient leurs trophées de victoire. Les riches métèques pouvaient être chorèges mais pas triérarques.
A l'issue de leur liturgie, les triérarques et chorèges sortants devaient, comme les magistrats, se soumettre au contrôle de l'euthyna, procédure de reddition des comptes, bien qu'ils n'aient, en principe, utilisé que leurs fonds personnels

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